« La pire plaisanterie que Dieu puisse faire, c'est de faire de vous un artiste, mais un artiste médiocre » David Bowie


Je m’appelle Hermione, Hermione Farthingale. J’ai rencontré David Bowie au début de l’année 1968. J’étais comédienne et danseuse. Le chorégraphe Lindsay Kemp recherchait un couple de danseurs pour une production de la BBC. Il auditionna Bowie et le prit pour jouer mon partenaire. C’était la première fois que je voyais David, sur les planches du théâtre 625. Il était déjà chanteur mais totalement inconnu du grand public. Nous sommes littéralement tombés amoureux sur-le-champ et devînmes très vite amants. Ce jour là, dans ce théâtre, je compris que j’avais affaire à une âme sensible et profondément artiste, et que rien ne serait plus pareil, ni pour l’un ni pour l’autre. Nous nous installâmes à Londres dans un appartement de Clairville Grove où de jolis souvenirs remontent souvent dans ma mémoire.

Durant cette année, nous vivions collés l’un à l’autre, partageant l’amour et la passion de l’art.
Certaines personnes voyaient notre relation d’un mauvais œil, tout d’abord mes parents qui s’inquiétaient de voir leur fille glisser dans les bas fonds du show business et surtout dans cette relation amoureuse avec une prétendue pop star. De son coté, Bowie semblait très occupé à trouver le moyen de m’introduire dans tous ses projets afin que l’on ne se quitte pas plus d’une seconde, au plus grand désespoir de Ken Pitt, son manager.

C’est à ce moment-là que le projet Feathers vit le jour. Notre groupe rassemblait tous nos talents, les balades écrites par David, de la poésie et du mime. Nous passions des heures à écrire, lire, répéter, s’inspirer, faire l’amour, nous étions comme deux enfants totalement libres et innocents.

J’aimais profondément l’homme et l’artiste qu’il était, vulnérable et sensible, avec ses pics d’enthousiasme et d’euphorie et ses moments de doute et de silence. Il s’imaginait sans cesse,  s’inventait et se ré-inventait. Je l’observais souvent griffonner des esquisses d’autoportraits en costume sur des centaines de petits bouts de papiers.

Je ressentais le potentiel et le génie de mon amant. C’était pour moi un visionnaire. J’avais la sensation de vivre à 1000 à l’heure, d’être l’actrice de ma vie, maître de mon destin et, quelque part, de participer à la création de l’univers.

Je me souviens aussi de ces heures lascives à attendre l’inspiration dans le bar d’un hôtel. Entre un cocktail et deux baisers, nous écrivions notre histoire. Ces moments restent aujourd’hui encore indescriptibles, à mi-chemin entre la nostalgie de notre jeune âge et la pudeur de ce que nous avons vécu.
Les journalistes et fans écrivirent par la suite que David avait, à ce moment-là, perdu la tête à cause de moi… Feathers semblait destiné à devenir la risée de sa jeune carrière. C’était surement vrai.

Une année entière de vie de bohème entre notre appartement, Feathers, et nos concerts.
Par la suite, certains ont raconté qu’il a composé et écrit Space Oddity dans la chambre de notre appartement de Clairville au cours de cette année. Je n’en suis pas certaine, mais c’est possible, car parfois lorsque je me réveillais la nuit, je le trouvais dans la pénombre de sa créativité, grattant des accords et marmonnant des notes.

Puis comme toute passion, le feu s’estompa petit à petit pour moi. Je voulais reprendre ma carrière de danseuse, je ne me sentais plus en phase avec moi-même.
Un jour, sur le tournage du film Love you Till Tuesday où nous étions tous deux acteurs, une terrible querelle éclata et nous miment fin à notre relation de façon brutale.

Par la suite, les journalistes ont déclaré que cette rupture eut un effet dévastateur sur la rock star. Je ne rajouterai rien, cela nous appartient, à lui et à moi. Comme beaucoup de ruptures, ce fût un moment compliqué.

D’autres rumeurs ont alimenté le mythe Bowie, certains dirent qu’il se teignit les cheveux en roux en mémoire de ma chevelure d’antan. Fiction ou réalité, je laisserai planer le mystère car je ne n’ai pas la réponse.
Je ne connais pas si bien sa musique d’après, celle avec ses costumes dingues et sa créativité folle. Pour moi, celui que j’ai aimé est celui que j’ai connu, le David très personnel. L’artiste aux chansons sincères.

Il y a quelques mois, j’étais dans un café et Lettre à Hermione est passé à la radio.
Mes membres ont commencé à trembler et des larmes ont coulé sur mes joues.
Les sentiments et les images se sont bousculés dans mon esprit. Je nous revoyais là, David et moi, en train de nous préparer à monter sur scène pour interpréter notre set lorsque je réalisais que cette histoire ne nous appartenait plus vraiment et serait comme toutes les œuvres de Bowie : immortalisée à jamais…

Remerciements

Cette histoire est basée sur la véritable histoire d'amour entre David Bowie et Hermione Farthingale. Elle est toutefois quelque peu romancée. Merci à Bowie de m'inspirer et de me faire rêver à travers toutes ses œuvres et ses personnages emblématiques.
Cette story n'aurait été possible sans l'accueil de Karine Oriot et de tout le personnel de l'hôtel de Jobo.
Merci à Inès Carratié pour sa confiance et ses sublimes créations (Kimonos, bijoux) Merci à la marque Mily eye Flashes pour ce regard de biche. Un immense merci à Tom Migné d'avoir été mon Bowie le temps de ce shooting, je n'aurais pas pu rêver mieux.
Crédits : Merci à ma team pour ce shooting so Rock n' roll. Mathilde Hamon (Make-up Artist), Stephane Tauzy (Coiffure), Antoine Villiers (Photographe) et à Grégory Nicolaidïs pour le reste❤️